Le lendemain matin, Jarel sort des écuries et rejoint Agon dans les jardins.
Jarel : Votre cheval et la jument de dame Tara sont prêts. Pour quand dois-je préparer le départ ?
Agon : Je dois aller parler avec Tara, puis nous pourrons partir. Es-tu sûr de vouloir nous suivre ?
Jarel : Ma vie consiste à rester avec vous. Vous êtes bien plus que mon seigneur, vous êtes mon ami. Et je n’abandonne pas mes amis.
Agon : Je reviens. Préviens le sire Rodan et son fils que nous partons.
Jarel : Vous savez, je n’aurais jamais cru que nous pourrions être autant en danger. Ce que je veux dire, c’est que j’ai su, en m’engageant pour la Résistance, que je risquerais ma vie. J’en ai toujours eu conscience. Mais, nous avons toujours agi dans l’ombre, où nous excellions, ce qui nous donne une impression de sécurité. Mais aujourd’hui, le danger est bien réel. Et parmi les nôtres, peut savent se battre.
Agon : J’ai confiance, Jarel. Les dieux veillent sur nous.
Agon rejoins Tara assise dans le jardin d’hiver.
Tara : Je suis assez triste de devoir partir avant la floraison de vos plantes. Elles sont si belles à cette époque !
Agon : Nous devons partir. Je ne veux pas que l’on sache où nous allons.
Tara : Et les villageois ?
Agon : Ils partiront avec Gorak dans quelques heures. Ne t’inquiète pas pour eux, ils ont été formés pour se défendre.
Tara : Alors, nous pourrions rester et nous battre !
Agon : Et risquer de nous faire encercler ? Non !... Il y a des choses que tu ne sais pas, Tara, il est clair que je n’ai pas toujours agi correctement mais tu dois me suivre !
Tara : Où allons-nous ?
Agon : Vers la seule retraite qui nous soit possible : le cœur du royaume des elfes, Avalon La Belle.
Tara : Avalon ? Mais c’est à des milliers de miles d’ici !
Agon : Oui, et ce sera une rude chevauchée. C’est pourquoi je n’ai pas pu proposer ce choix aux villageois. Mais les elfes sont notre dernière chance, ce sont eux qui ont monté la Résistance, ce sont eux qui ont aussi le pouvoir de nous faire gagner.
Tara : Alors, nous n’y serons pas en sécurité ! Urgh les attaquera un jour, et avec toute sa force !
Agon : Il l’aurait déjà fait, crois-moi … s’il savait où les elfes se trouvent ! Peu d’étrangers aux elfes connaissent la localisation des cités elfiques.
Tara : Comment allons-nous nous y rendre ?
Agon : Je suis ami avec le Roi Maer, je sais où se trouve Avalon. Tara, nous ne sommes plus en sécurité depuis quinze ans, tu n’as connu qu’une apparence de tranquillité.
Des hommes d’Urgh entrent dans le village. Les villageois crient, cours dans tous les sens. Ils sont surpris. Dans le jardin d’hiver, Tara et Agon entendent ce tapage.
Tara : Que se passe-t-il ?
Agon regarde par une fenêtre et rejoint Tara inquiet.
Agon : Nous avons été trop longs : ils sont arrivés !
Tara : Nous ne pouvons pas rester ici !
Agon : Non ! Passe par derrière et rejoint les écuries par le sentier du loup.
Tara : Et vous ?
Agon : Je vais te rejoindre mais il faut que j’aide les villageois ! Va Tara ! S’il te plaît !
Tara sort par la porte de derrière et se faufile jusqu’à un sentier au nord.
En même temps, Agon sort par devant et tue tous les orques et les Hommes qu’il trouve. Il voit Gorak un peu plus loin.
Agon : Gorak ! Emmène-les dans les montagnes ! Vite !
Gorak : Bien, mon seigneur ! Aldalindë ! Hodar, quim raza mons !
Gorak part, suivi par la plus part des villageois. Agon essaye de se diriger vers les écuries. Il y arrive tant bien que mal quand il voit des hommes tuer les villageois un peu trop lent. Il regarde les montagnes et voit un peu à côté de la villa Oran et Rodan sortir, accompagnés par des orques. Ces derniers les poussent au sol. Agon court vers eux et empêche un orque de couper la tête de Rodan. Celui-ci se relève et se bat en duel face à un autre orque, celui qui tenait Oran. Agon se bat toujours avec l’autre.
Rodan : Va, mon fils ! Ne reste pas là !
Agon : Préviens Jarel qu’il doit venir ici avec les chevaux, nous aurons moins de mal à partir !
Oran court vers les écuries. Rodan se bat quand il reçoit un coup dans l’abdomen.
Dans les écuries, Tara et Jarel sont à côté es chevaux quand Oran arrive en courant.
Jarel : Où sont les seigneurs Agon et Rodan ?
Oran : Aux prises avec des orques. Le seigneur Agon vous demande de le rejoindre avec ls chevaux.
Jarel : Alors, montez. Dame Tara, restez derrière moi.
Ils sortent sur leur chevaux, Oran et Tara tenant un cheval par la bride. Ils rejoignent Agon, qui se bat contre les deux orques. Jarel les tue avec des flèches et rejoint Agon.
Jarel : Mon seigneur !
Agon : Rodan…
Jarel va prendre le pouls de Rodan.
Jarel : Je crains qu’il ne soit mort.
Oran : Non ! Il saute de son cheval et rejoint son père. Père !
Agon : Nous ne pouvons rester ici. Si les hommes d’Urgh ont poursuivi les villageois dans les montagnes, ils ne tarderont pas à revenir ici bredouille.
Oran : Et mon père ?
Agon : Nous ne pouvons emporter le corps pour lui consacrer une cérémonie telle qu’il la mérite.
Oran : Je ne peux le laisser ici !
Agon : Il est mort honorablement. Si nous arrivons à rejoindre les elfes, ceux-ci lui voueront une veillée. Ce sera un honneur pour eux, car il a défendu ce pour quoi nous résistons depuis tant d’années.
Jarel : Allons, ne traînons plus.
Ils montent sur leurs chevaux et partent. Tara s’arrête à la sortie du village, lance un dernier regard et rejoint les autres, qui galopent.