Le lendemain matin, la Compagnie est en marche dans la montagne. Très vite, ils arrivent à un endroit où il y a de la neige. Ils marchent à la que leu leu alors qu’ils grimpent de plus en plus haut. Au milieu de la journée, la neige commence à tomber et en peu de temps ça devient une tempête incroyable. La Compagnie lutte pour avancer, même si Acktalim est devant. Ils sont obligés de crier pour s’entendre.
Agon : Acktalim ! Il se rapproche d’Acktalim. Je pense qu’il faut rebrousser chemin.
Acktalim : Non ! On ne peut pas ! Il faut passer par cette montagne ou les Seïder auront plus de chances de nous retrouver !
Agon : Vous avez très bien vu que l’on ne peut pas aller plus loin. Il faut faire demi-tour !
Tara glisse soudain et tombe brutalement par terre dans la neige et n’arrive pas à se relever. Oran et Jarel court l’aider à se relever.
Jarel : Tara ! Tara tremble de froid et Jarel la prend dans ses bras pour la réchauffer. Il faut faire une pause. Tara est morte de froid. Si on ne s’arrête pas, elle va mourir !
Il porte Tara.
Acktalim : On ne peut pas, il faut avancer tant qu’on le peut.
Jarel : Justement, Tara ne va pas pouvoir aller plus loin.
Acktalim : Il n’y a nulle part où se reposer.
Agon : En montrant un petit abri. Si, ici. Je pense que ça pourrait faire l’affaire si on fait un feu.
Ils vont sous l’abri et Jarel pose Tara au sol après que Oran ait enlevé le plus de neige qu’il l’a pu. Eolias et Agon entasse plusieurs fagots de bois.
Acktalim : Il pointe son bâton en direction des fagots. Nahara kalim alorez etinles. Les fagots prennent feu, d’une couleur violacée. Je pense que ces flammes tiendront un certains temps, mais même un feu magique ne tiendra pas avec une telle tempête. Alors, espérons que Tara soit assez forte et qu’elle s’en remette vite.
Jarel met sa veste sur Tara.
Jarel : On ne peut pas continuer ! C’est comme si la montagne nous rejetait.
Eolias : Qui vient de réfléchir, inquiet. Elle nous rejette ! Tara et moi avons entendu un bruit cette nuit, c’était la montagne.
Oran : Surpris : La ... la montagne ?!
Acktalim : Oui, cette montagne parle à la nature, elle la gouverne et la protège.
Jarel : Vous croyez qu’elle la protège contre nous ?
Acktalim : Je le crains.
Oran : Ne faudrait-il pas partir ? Enfin, ne serait-ce pas conseillé ?
Acktalim : Conseillé ? En temps normal, le conseil le plus élémentaire aurait été de ne pas approcher cette montagne ! Mais voyez-vous, ce ne sont pas des temps normaux ... Nous devons essayer de continuer. Si nous contournons la montagne, nous devrons passer par les marais.
Agon : Même si les marais sont extrêmement dangereux, je crois que c’est la meilleure solution pour nous. Pas vous ?
Acktalim : Résigné : Alors, nous devrons passer par la falaise de Cliegstone. Et pour cela, il faut que Tara aille mieux. Reposez-vous, nous devrons passer la nuit ici. La falaise est déjà dangereuse en plein jour, inutile de s’y risquer la nuit.
Ils vont tous se coucher sauf Oran et Jarel. Ce dernier reste à côté de Tara le long de sa garde.
Oran : J’espère que sa santé va s’améliorer.
Jarel : Moi aussi, je m’en voudrais de la perdre. J’ai fait une promesse au roi Maer, et je compte la tenir.
Oran : Quelle promesse ?
[i]Jarel se souvient du matin juste avant de partir d’Avalon. Il était dans sa chambre et venait de se réveiller lorsque Maer arrive à l’entrée de la chambre. Il était encore dans son lit.
Maer : J’espère que je ne vous dérange pas ?
Jarel : Non, je venais de me réveiller.
Maer : Bien, je comptais vous parler.
Jarel : Il bondit de son lit. De quoi voulez-vous discuter ?
Maer : De Tara. Je pense que vous savez de quoi nous avons parlé hier ensemble.
Jarel : Oui, le seigneur Agon m’en avait touché un mot. Il appréhendait ce moment depuis son arrivée chez nous.
Maer : Depuis quand servez-vous le seigneur Agon ?
Jarel : Je le sers depuis plus de quinze ans. J’étais alors encore un enfant. Pourquoi ?
Maer : J’ai entendu dire que vous étiez assez proche de Tara.
Jarel : Je la considère comme ma fille.
Maer : Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai une entière confiance en vous. C’est pourquoi je vous demanderai une faveur : pourrais-je compter sur vous pour veiller sur Tara ?
Jarel : Ce serait un honneur pour moi, Monseigneur.
Maer : Bien, alors, promettez-moi de la protéger et de ne jamais la laisser seule.
Jarel : Mais, et le seigneur Agon ?
Maer : Il s’agit de mon héritière, de mon sang…
Jarel : Vous savez que vous pourrez toujours compter sur moi.[/i]
De retour dans l’abri de la montagne.
Oran : Je comprends. Mais tu n’as jamais failli à ta tâche.
Jarel : Pour l’instant.