La compagnie se réunit autour des embarcations.
Acktalim : Des orques traversent la rive sud. Ils sont nombreux, il nous faut donc redoubler de prudence.
Tara : Acktalim, où sont passés les Seïder ? Nous ne les avons pas vu depuis bien longtemps maintenant. Que sont-ils devenus ?
Acktalim : Je ne sais pas, mais je peux déjà vous assurer qu’ils ne sont pas morts. Leurs montures ont sûrement été blessées par les elfes. En tout cas, je puis vous assurer qu’ils reviendront d’ici peu. Cependant, pour l’heure, ils ne sont pas notre plus gros souci. Les orques dont je vous ai parlé ne peuvent nous repérer, ils ne le doivent pas. Nous devons donc redoubler de prudence.
Terkim : Redoubler de prudence ? Comment cela ? Voudriez vous que nous cachions les embarcations sous l’eau quand nous voguons ?
Acktalim : Non pas, mais si un jour ma magie me le permettait, je ne le ferais pas. Quelle est cette idée de naviguer sous l’eau ? Creuser la roche ne vous suffit plus, maître nain ? Non, j’ai trouvé une solution. Si nous ne pouvons plus dormir sur les berges, peut-être pourrons-nous le faire dans nos barques ?
Terkim : Dormir sur l’eau ! Sur de l’eau ?! Avez-vous déjà vu un nain dormir sur de l’eau ?
Ils voguent ainsi toute la journée et se reposent la nuit seulement que quelques heures pendant quatre jours lorsqu’ils arrivent près de ruines d’une ancienne, grande et belle citadelle. Il y a deux grandes statues de roi ressemblant à Agon et deux serviteurs qui sont agenouillés devant eux. A l’entrée de la citadelle se trouvent deux statues d’elfes : Oleria et Maer.
Agon : La citadelle d’Eckleria. Elle est tombée lorsque l’alliance entre les hommes et les elfes s’est finie, lorsque mon ancêtre quitta les Hommes. Nous nous y arrêterons pour ce qui est de notre voyage à bord de ces barques. Eckleria marque la jointure de l’Andora avec l’affluent et le début du territoire Taman.
Moins d’une heure après, ils s’arrêtent sur la plage qui se trouve devant les ruines. Entre cette plage et les ruines, il y a une forêt. Le campement est installé. Oran est dans un coin, contre un arbre et regarde les autres. Tara regarde Oran, réfléchie à ce que disent les autres. Elle est très pensive. Parfois, elle jette des coups d’œil alentour. Oran erre dans ses pensées.
Acktalim : Nous devons faire un choix crucial. Qui a le cœur de nous suivre en Mauranie ?
Agon : Aucun de vous n’est obligé de me suivre. D’ailleurs, je voudrais qu’aucun de vous ne m’accompagne !
Jarel : Je vous suivrais partout, dans la mort s’il le faut.
Eolias : Je pense que notre compagnie faillirait si elle laissait le seigneur Agon seul affronter le mal qui se trame en Mauranie.
Jarel : Je suivrais Oran partout, dans la mort s’il le faut.
Eolias : Notre compagnie faillirait si elle laissait Oran seul affronter le mal qui se trame en Mauranie.
Terkim : Mieux vaut mourir que de vous perdre, seigneur. De toute façon, c’est sûrement ce qui nous arrivera à la fin.
Tara : Ne soyez pas aussi défaitiste, Terkim. Et vous savez, Agon, que je ne vous quitterai pas s’il le fallait. Alors, j’irai jusqu’où vous voudrez que j’aille !
Acktalim : C’est à vous de choisir quand nous partirons. Je doute que se diriger à sept vers la Mauranie est une bonne idée. Elle est plaine de dangers, enfin, il y en a plus qu’à partir seuls. Je refuse que vous partiez seul, Agon, et c’est pour cela que j’accepte que nous partions si nombreux. Il faut que vous envisagiez de partir, et le plus tôt sera le mieux. Mais, j’aimerais savoir, Oran, ce que vous choisissez. Car si vous ne voulez pas nous suivre, je ne veux pas que vous soyez seul… Surpris qu’Oran ne réponde pas : Oran ?
Oran : Pardon ? ... Je ... J’aimerais réfléchir un instant ... seul.
Tout le monde le regarde.
Tara : Ce n’est pas sûr. Des orques patrouillent dans les parages.
Acktalim : En effet, je ne crois pas que ce soit bien. Nous ne devons pas nous séparer trop longtemps. Aux autres : Préparez des bagages légers pour notre prochain voyage. Dès qu’Oran aura pris sa décision, nous partirons.
Ils se mettent tous à faire leurs bagages en les réduisant le plus possible. Oran profite qu’on ne le remarque pas pour partir au loin dans la forêt. Il monte jusqu’aux ruines de la cité.